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Témoignages de survivants

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Son mouvement ne laissait aucun doute, mais ils lui ont tiré dessus à nouveau pour s'assurer

  • Sagi G.'s story

Ma pensée à cet instant est que le pays n’existe plus et que nous sommes dans Armageddon

6h30. Je suis avec des amis dans le parking situé en dehors du site du festival Nova.

Nous sommes sortis pour boire quelque chose et revenir. Je regarde le ciel et je contemple l’un des plus beaux levers de soleil que je n'ai jamais vu. Soudain, des lumières dans le ciel ;

pendant un instant, je ne comprends pas… jusqu’au moment où je comprends. Des dizaines de missiles et d’interceptions au-dessus de nos têtes. Nous avons compris que la fête était terminée et qu’il y aurait du bazar à la sortie car ils allaient fermer.

Soudain, des lumières dans le ciel ; pendant un instant, je ne comprends pas… jusqu’au moment où je comprends. Des dizaines de missiles et d’interceptions au-dessus de nos têtes.

L'expérience est stressante, cependant dans la réalité hallucinante qui est la nôtre, il s’agit d’une expérience "envisageable" (je ne pense pas que qui que ce soit puisse ai pu envisager la situation dans laquelle nous nous trouvons). Nous avons replié le campement rapidement et nous nous sommes dispersés.

J’étais dans la voiture avec une amie qui conduisait.

J’avais un mauvais pressentiment et je voulais simplement me tirer de là. J’ai regardé les agents de sécurité et j’ai vu qu’ils n’avaient aucune idée de ce qu’il fallait faire... L’un d’eux a conseillé de rouler en direction de Beit Kama - ce que nous avons indiqué sur Waze.

Nous sommes sortis du parking encombré et nous avons tourné à droite… Nous avons roulé une demi-minute lorsque nous avons vu une voiture pleine de trous en train de rouler dans la direction opposée et la foule courir s’abriter sur les bas-côtés des routes. Nous nous sommes arrêtés au milieu de la route et nous sommes entrés dans un de ces bunkers.

Il y avait là 40-50 personnes serrées, des gens affolés (il semblerait que par la suite une grenade ait été lancée sur ce bunker et que tous ceux qui s’y trouvaient ont été massacrés. Si nous y étions restés nous aurions subi le même sort). Au bout d’une ou deux minutes, j’ai dit à mon amie qu’il n’était pas question que nous restions ici ; j’ai pris les clés de la voiture et j’ai couru avec elle vers le véhicule.

À l’extérieur, des bruits de tirs ; j’ai démarré, fait demi-tour et roulé en direction opposée.

Il y avait là 40-50 personnes serrées, des gens affolés (il semblerait que par la suite une grenade ait été lancée sur ce bunker et que tous ceux qui s’y trouvaient ont été massacrés. Si nous y étions restés nous aurions subi le même sort).

Je roule à peine 500 mètres et déjà la route est totalement bloquée par tous les véhicules qui essayaient de sortir.

Nous avons vu d’autres voitures pleines de trous revenant de la direction d’où nous venions et des personnes en sang font signe à ceux qui sont en train de quitter la fête de ne pas tourner à droite.

Nous sommes sortis de la voiture, je l’ai laissée là et nous nous sommes simplement mis à courir,

d’abord sur la route et ensuite à travers champs. Au loin, des bruits de tirs, et des gens qui ne savent pas quoi faire.

Nous ne savions pas vraiment dans quelle direction nous courions.

J’ai vu beaucoup de personnes qui fuyaient et sur qui on ne tirait pas. J’ai couru en les suivant.

Dans les terrains vagues, nous avons essayé de trouver notre chemin.

Chaque fois que nous entendons des tirs, nous courrons dans la direction opposée.

Nous étions environ 300 à 400 personnes : La sortie d’Egypte… c'était exactement ça.

On a marché…couru environ 20 kilomètres, jusqu'à Patich, au-dessus de nos têtes des explosions, il semblerait que des terroristes soient derrière nous.

On ne craint même plus les missiles : on regarde juste sur les côtés pour éviter que des terroristes ne nous sautent dessus.



On a marché…couru environ 20 kilomètres, jusqu'à Patich, au-dessus de nos têtes des explosions, il semblerait que des terroristes soient derrière nous.



Tout en fuyant pour sauver nos vies, je reçois une tonne de coups de fil d’amis.

La famille appelle pour demander de nos nouvelles,

tentant de comprendre où nous sommes et nous donner des conseils sur quoi faire. À un certain moment, j’ai mis le téléphone sur silencieux et j’ai dit qu’il valait mieux en savoir le moins possible sur la situation dans le pays et que la famille et les amis inquiets, en sachent le moins possible, jusqu’à ce que nous soyons en sécurité…

J’ai compris que nous étions assez seuls.

Ma pensée à cet instant est que le pays n’existe plus et que nous sommes dans Armageddon. Qui viendra nous chercher à présent ? On savait qu’il y avait des terroristes à Bé'éri et dans d’autres endroits de la région. On a alors marché en suivant principalement notre intuition. Des gens complètement paniqués et hystériques, qui se stressaient mutuellement.

Ma pensée à cet instant est que le pays n’existe plus et que nous sommes dans Armageddon.

Ils tentent de comprendre s’il vaut mieux rester et se cacher ou encore de continuer à marcher. Chaque petit bruit met en alerte et rend paranoïaque. Chaque parcelle d’information, fait pencher la balance pour chaque décision que nous devons prendre : vers où marcher et s’il faut continuer à le faire.

On a simplement continué à marcher jusqu’à une zone de serres agricoles où on nous a dit de nous cacher.

Certains sont restés là, la plupart ont continué à marcher.

Au bout d’environ 3 heures, on a vu des véhicules israéliens, visiblement des habitants de Patich, venus nous dire de continuer à marcher sur cet axe qui était sûr.

On est arrivés au bout de 4 heures. On a été reçu avec de l’eau et de la nourriture, vraiment comme des réfugiés de guerre. Au bout d’une heure ou d’une heure et demi super tendueà Patich, avec tout le monde confus et surtout en état de choc, on commence à comprendre ce qu’il s’est passé.

On est montés dans des bus organisés en direction de Beer Sheva. De là le père (un ange) de l’une des festivalières nous as pris en stop et nous a conduit directement chez nous.

Pendant tout le chemin, on pense à nos amis qui n’ont pas encore pris contact avec nous,

à ce qu'il nous est arrivé et aux histoires hallucinantes que d’autres ont vécu.

La situation est telle que tu comprends qu’un événement de dimension historique est en train de se produire, que tu es pile au centre et que tout le pays en parle, et toi, tu essayes juste de comprendre comment tu en es sorti vivant.

La situation est telle que tu comprends qu’un événement de dimension historique est en train de se produire, que tu es pile au centre et que tout le pays en parle

C’est seulement le jour suivant que j’ai remarqué que je m’étais foulé la cheville, que j’avais aussi d’autres blessures sur les jambes qui avaient séché et des coupures sur la main. Mais c’est rien comparé à tous ceux qui ont tout simplement été massacrés là-bas et, pire encore, qui ont été enlevés.

Mais c’est rien comparé à tous ceux qui ont tout simplement été massacrés là-bas et, pire encore, qui ont été enlevés.

Parmi eux, beaucoup d’amis et des amis d’amis.

L’âme ne sait pas si elle doit d’abord faire face à ce qu’elle vient d’endurer ou à ce qu’ont enduré les amis pendant la fête, ceux qui ne sont pas revenus,

aux familles massacrées et aux innocents kidnappés - D.ieu sait ce qu’il advient d’eux là-bas.

Parmi eux, beaucoup d’amis et des amis d’amis.

Heureusement, nous nous en sommes sortis vivants, par miracle et par présence d’esprit.

Mais, je regrette que nombreux sont ceux qui ont été assassinés de sang-froid, de la façon la plus terrible qui soit. Je tente encore de réaliser ce qui s’est passé, j’essaie de me remettre.

assassinés de sang-froid, de la façon la plus terrible qui soit.

Merci à tous pour vos messages de soutien et cette volonté de nous aider. Je promets d’essayer de répondre à chacun.




Sagi G.



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