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Témoignages de survivants

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Je me fous de savoir qui ou quoi se trouve sur notre chemin, écrase tout, avance, avance, avance

  • Limor A.'s story

Sderot est entourée de dizaines de terroristes dans toutes les directions

Je n’arrive pas à y croire. Je cours vers la fenêtre, je m’accroupis et je me rends compte que les tirs sont juste à côté de notre maison et que ça ne s’arrête pas.

On referme l’abri après avoir attrapé les téléphones portables et une bouteille d’eau pour les enfants.


"Nous avons étés abandonnés à la frontière de Gaza pendant plus de 20 ans"

On commence à recevoir des vidéos dans tous les groupes WhatsApp et là l’ampleur de l’horreur nous apparaît. Sderot est entourée de dizaines de terroristes dans toutes les directions. Ils tirent sur des civils qui sont sortis faire leur jogging matinal, sur des personnes âgées qui attendaient leur bus pour passer une journée paisible à la Mer Morte.


Notre fille dont le mari fait partie des forces de sécurité de la police de Sderot nous informe que des combats sont en train de se dérouler au commissariat de Sderot.

Ces bêtes féroces ont tué et massacré nos frères et nos amis.

Au commissariat et dans toute la ville les tirs ne cessent pas.

Pendant des heures nous n’avons entendu aucun hélicoptère et il n’y a eu aucune opération militaire.


Nous avons plongé la maison dans le noir, fermé les volets et mis des objets lourds pour bloquer la porte d’entrée. On a prié pour la défaite des terroristes et que ces massacres prennent fin.


Je prends en permanence des nouvelles des membres de la famille enfermés chez eux.

Ma maman, seule à la maison, s’est enfermée dans son abri, ma fille aussi avec ses petits, tout le monde ressent le stress, la peur et la terreur, et l‘impuissance.

Moi et ma fille avons pris des médicaments pour éviter une crise de panique, le niveau de stress et de terreur étant insupportable.


"Ce n’est que quand la nuit est tombée et qu’on a fait exploser le bâtiment de la police, que nous avons réalisé qu’ils étaient morts… Tous."

Vers midi on a compris que nous avions perdu notre meilleur ami au commissariat, un voisin et d’autres amis de notre gendre, des policiers qui venaient déjeuner tous les vendredis midi à la maison : ils sont tous morts.


Plus de 20 amis qui servaient avec lui sont partis... La douleur paralyse nos corps et les larmes coulent sans fin. Ce n’est que quand la nuit est tombée et qu’on a fait exploser le bâtiment de la police, que nous avons réalisé qu’ils étaient morts… tous.

Le lendemain à midi, nous avons pris quelques vêtements et nous sommes enfuis de la maison vers les villes du Centre, vers nos familles qui étaient si inquiètes.


Ce soir, les funérailles ont commencé à Sderot et on n’a pas pu y aller. La zone est toujours dangereuse à cause des tirs de roquettes et des infiltrations de terroristes dans la zone.

On a suivi les funérailles de notre ami cher en direct sur WhatsApp.

Aucun de nous ne parvient à fermer les yeux, submergés par des sentiments intenses de douleur et de chagrin.

Une impression d’abandon: nous avons étés abandonnés à la frontière de Gaza pendant plus de 20 ans...

Sderot est notre maison, Sderot est notre cœur et notre cœur s’est brisé.


Limor A.


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