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Témoignages de survivants

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Son mouvement ne laissait aucun doute, mais ils lui ont tiré dessus à nouveau pour s'assurer

  • Yarin H.'s story

Courez vers le champ, tout le monde! Courez! Il y a des terroristes

Je ne sais pas comment commencer à écrire, comment faire sortir les mots,

mais je vais juste me défouler parce que c’est important pour moi, parce que si je ne parle pas, je n'écris pas, je ne crie pas, je vais devenir fou.

Nous sommes partis vendredi soir, et comme chaque fois que nous partons, nous nous amusons, nous rions, nous aimons, nous dansons, nous nous embrassons et apprécions la beauté du monde qui nous entoure.

Boum. Boum Boum

si je ne parle pas, je n'écris pas, je ne crie pas, je vais devenir fou.

Oui, comme ça. Et boum, tout se transforme en un grand boum. Personne ne comprend ce qui se passe, sauf que des roquettes sifflent dans le ciel, alors nous fonçons dans les voitures, le plus vite possible…

Nous commençons à rouler vers la sortie et il y a un embouteillage, personne ne comprend ce qui se passe vraiment, ni à droite ni à gauche, ni en avant ni en arrière. Et nous nous arrêtons. Tout le monde s’arrête. Certains d’entre nous sont à l’intérieur des voitures, d’autres en sortent pour essayer de comprendre ce qui se passe, vingt minutes s’écoulent jusqu’à ce qu’un policier accoure et crie : « Courez vers le champ, tout le monde! Courez! Il y a des terroristes. »

« Courez vers le champ, tout le monde! Courez! Il y a des terroristes. »

Alors nous nous mettons à courir tous, nous galopons, sans savoir où aller, simplement nous courons sans direction, sans réfléchir. Nous courons mais nous ne comprenons toujours pas ce qui se passe vraiment jusqu’à ce qu'on entende les sifflements de balles au-dessus de nos têtes. C'est le chaos total et nous courons, et nous courons encore, certains d’entre nous s’arrêtent, ne pouvant plus continuer, nous nous cachons, nous gelons sur place et nous continuons à courir, toujours courir et on ne peut même pas penser à ce qui se passe avec les autres, à ce qui se passe derrière, on s'arrête quelques minutes, on cherche à comprendre, et maintenant, au bout d’une demi-heure que nous courons pour sauver nos vies, nous respirons une minute, nous parlons, nous ne comprenons pas où est l’armée, où est la police, qui nous dirige, quelle force de sécurité va nous aider. Boum une autre rafale de tirs, et boum nous courons à nouveau dans l’inconnu. Juste courir, courir, courir, courir. Et pendant tout ce temps, nous ne comprenons toujours pas ce qui se passe réellement parce qu'on veut se sauver, on a une montée d’adrénaline et on ne pense à rien, on ne ressent rien. On court, c’est tout.

Boum une autre rafale de tirs, et boum nous courons à nouveau dans l’inconnu. Juste courir, courir, courir, courir.

On est environ à 15 km.

Nous commençons à approcher d’un endroit plus sûr, du moshav Patish, et nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel. Ce fut là, la seule aide que nous avons reçue. Celle de citoyens au grand cœur venus nous sortir des endroits si dangereux pour nous amener chez eux, dans leurs maisons, pour nous mettre à l’abri, et prendre soin de nous comme si nous étions leurs enfants. Je vous suis tellement reconnaissant au nom de tous, de tout le monde, de tout le monde !

C’est moins, bien moins, que ce nous avons tous vécu, quand je dis tous, je veux dire tous les participants au festival Nova et tous les résidents des communautés des kibboutz et des environs de Gaza,

du moins de mon point de vue.




Je vais bien, grâce à Dieu, j’ai réussi à rentrer chez moi sain et sauf.

Mais des amis, des connaissances, des proches, des bénévoles n’ont pas pu rentrer chez eux sains et saufs. C’est un jour de deuil !! Une journée qui n’est que... Je n’ai même pas de mots pour la définir.

C’est un jour de deuil !! Une journée qui n’est que... Je n’ai même pas de mots pour la définir.

Ce n’est que lorsque j’ai été dans le bus sur le chemin du retour de Patish à Beer Sheva après tout ce que nous avons vu, que j’ai commencé à réaliser que j’aurais pu me retrouver dans un autre endroit...

Jusqu’à présent, je n'ai pas encore réalisé et j'essaye vraiment de comprendre ce que nous avons vécu là-bas, ce que j’ai vécu moi-même là-bas, cela prendra du temps, j’en suis sûr.

Je partage la douleur de tous ceux qui ne sont pas revenus, qui ont été tués, assassinés de sang-froid !!

Et à tous les otages et les personnes disparues, qu'ils rentrent chez eux sains et saufs et le plus vite possible !! Amen!!

Je prie pour que nous recevions de bonnes nouvelles et que viennent des jours meilleurs.

Voici comment j’ai vécu le 7 octobre 2023.

Bien sûr, à tous nos chers et forts soldats, prenez soin de vous !


Yarin H.





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