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Témoignages de survivants

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Son mouvement ne laissait aucun doute, mais ils lui ont tiré dessus à nouveau pour s'assurer

  • Rachel E.'s story

Si on meurt, on meurt tous, vous, moi, Rachel et David

« Cinq rottweilers sont rentrés chez moi, avec des kalachnikovs et des grenades.» Raconte-t-elle à son interview aux informations de la chaine 13. « Ils ont commencé à crier: “Allah Akbar, je suis un Chahid” ! Et puis ils nous ont demandé de monter. Mon mari et moi étions ensemble. J’ai parlé avec eux et je leur ai demandé: "Vous avez pris un café ou un thé ?". J'ai ensuite demandé aux policiers dehors, dont mon fils, de leur apporter à manger et à boire.

A ce moment, mon mari et moi sommes déphasés, on ne comprend pas ce qui nous arrive.

A midi, je leur ai demandé: "Vous voulez déjeuner ?". Je voulais détourner leur attention, j'avais peur que s’ils avaient faim c’en était fini de nous. J’ai commencé à leur parler en leur disant: "Nous sommes frères, ne faites pas ça !".

Alors l'un d'eux a répondu: "Non ! Je suis un Chahid !" et il a pointé son arme sur mon mari. J'ai dit à mon mari: "Assieds-toi à côté de moi, on va lire le Chema Israël et D.ieu sera avec nous". Il m'a répondu: "Rahel, ils vont nous tirer dessus!".

Un des policiers, Alex, a parlé au terroriste. Il lui a dit : "Libère Rahel, tu as David en garantie, et en échange tu pourras parler à ta femme et à tes enfants". Il lui a répondu : "Pas besoin, si on meurt tous, je n'ai pas besoin de parler à mes enfants. Si on meurt, on meurt tous, vous, moi, Rahel et David".

Je leur ai ensuite posé des questions comme: "Quel âge ont tes enfants ? Qu'est-ce qu'ils font ?". Je leur ai dit que j’allais leur apprendre des chansons de Lior Narkis. Je leur ai apporté à manger et à boire, j'avais peur que la faim ne les tiraille et qu'ils se mettent à nous tirer dessus. Je savais que mon fils faisait partie de l'équipe qui allait nous sauver. Il me fait signe "Maman, ne dis rien!", pour que je ne leur dévoile pas que c’est mon fils.

Je leur ai apporté à manger et à boire, j'avais peur que la faim ne les tiraille et qu'ils se mettent à nous tirer dessus.

Je fais alors comme ça (j’ai mis ma main sur mon visage) et un des terroristes me dit: "Rachel, j’te préviens, pas d'embrouille!". Je lui ai répondu: "J'ai mal à la tête". Les policiers ont compris qu'il y avait cinq terroristes.

L'un d'entre eux est descendu, ils l'ont tué et en ont blessé un deuxième. Je me suis dit que j'allais corrompre ce terroriste blessé. J’ai amené un bandage, je lui ai bandé la main et lui ai dit : "Dors, c’est pas très grave. Tu veux de l’eau? A manger?" . Il a demandé de l'eau. Les policiers lui ont apporté de l'ananas et je lui ai dit: "Mange quelque chose de sucré, tu te sentiras mieux". Pendant tout ce temps, ils ont des grenades, une kalachnikov, et des lance-roquettes, et je me demande :

"Mon D-ieu, qu’est-ce que je vais faire?" Je demande au terroriste l’heure car je vois que le ciel commence à s'assombrir, et le terroriste dit à Alex le policier “Pas d’embrouille”. Et ils regardent tout le temps par la fenêtre pour voir si les secours arrivent. « Non, parce qu’ils sont cinq, l’un d’entre eux a été tué et il en reste quatre, et moi je suis sans rien. Ils ont des armes et des grenades, et mon mari le pauvre, il est impuissant. Et j’ai dit à Alex: "Je n'en peux plus, je crois que je vais leur demander de me tuer, je ne peux pas continuer comme ça". Il me dit: " Rahel, ça va aller". Ils me disent toutes les deux minutes : "N’aies pas peur, ton fils sait que tu es là". Mon fils leur a schématisé le plan de la maison.

Et j’ai dit à Alex: "Je n'en peux plus, je crois que je vais leur demander de me tuer, je ne peux pas continuer comme ça".

Soudain, alors que David et moi étions assis sur le canapé, des agents sont entrés par la terrasse et par le toit de la salle de bain (et ont neutralisé les terroristes restants, NDT). Je leur ai demandé : "Mais comment vous êtes rentrés et comment avez-vous su qu’il y avait un toit?". Ils m'ont expliqué qu'ils avaient utilisé un drone.

Quand ils sont arrivés, je me suis cachée et le pauvre, mon mari, a sauté sur moi pour me protéger. Ils m’ont emmenée à l'hôpital, je ne sais pas comment je suis sortie de la maison.

des agents sont entrés par la terrasse et par le toit de la salle de bain

Je leur ai dit : "Vous êtes des héros ! Vous m'avez redonné vie !". L’un d’eux m’a répondu : "Non, nous sommes des soldats, c’est toi l’héroïne! Comment tu les as écoutés, et comment tu leur as donné à manger et à boire!". Je ne sais pas comment j'ai fait. Les terroristes étaient assis à cinquante centimètres de moi. Je ne sais pas comment l'unité spéciale antiterroriste leur a tiré dessus. Je ne sais pas comment j'en suis sortie vivante.


Je ne sais pas comment j'ai fait. Les terroristes étaient assis à cinquante centimètres de moi. Je ne sais pas comment l'unité spéciale antiterroriste leur a tiré dessus. Je ne sais pas comment j'en suis sortie vivante.

Rachel E.

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